Je suis une femme vivant à Brazzaville au Congo. Je mène une vie normale comme toutes les femmes et j’exerce une activité pour subvenir à mes besoins.
Il y a un an de cela, en 2007, j’avais commencé à avoir des fièvres, des fortes fièvres, et je perdais du poids chaque jour. Je vivais avec mon père et ma petite sœur. Cette situation a attiré l’attention de ma petite sœur qui m’a conseillé d’aller à l’hôpital pour voir ce qui n’allait pas.
Deux semaines après, elle m’a convaincue, et nous sommes parties au Centre de dépistage volontaire de Bissita de Brazzaville, je me disais que je ne pouvais pas être infectée par le VIH. Le dépistage du VIH était gratuit et après deux jours, j’ai été orientée vers une conseillère.
Je peux me rappeler comment cette dame m’a fait asseoir, m’a mise à l’aise et ma expliqué calmement que je souffrais d’une maladie qui ne tue plus et que si je commence le traitement, je peux vivre longtemps. Au départ, cela a sonné comme un coup de marteau, je voyais ma vie changer à l’instant et les pensées ne cessaient de se multiplier dans mon esprit. Visiblement, à cet instant là, il y a un année, j’étais désespérée d’apprendre cette nouvelle.
Ma petite sœur n’a pas perdu espoir, elle était toujours présente et m’a aidé à surmonter cette épreuve. Ensuite, j’ai accepté de faire le bilan médical et j’ai repris ma forme.
Aujourd’hui, je raconte avec joie que ma petite soeur m’a beaucoup soutenue. Elle a cherché et n’a pas baissé les bras pour que je ne sois pas frustrée par mon statut sérologique.
Elle a cherché des associations, et chaque fois qu’elle en découvrait et se rendait à leurs sièges, les portes étaient fermées et les responsables absents. Fallait-elle qu’elle perdre sa motivation ? D’autres jeunes femmes de son âge auraient pu le faire, mais ma sœur, elle, ne m’a pas oubliée et ne m’a pas abandonnée.
Puis, un jour je me rendais à l’hôpital pour me faire soigner et j’ai rencontré une maman de l’Association Femmes Plus du Congo (AFPC). Elle m’a expliqué ce qu’elles faisaient et m’a invité à prendre part à un espace de parole.
La première fois, cela ne me disait pas grand-chose, mais le jour où je me suis rendue à l’espace de paroles, je me suis vite adaptée. J’ai été enchantée par l’atmosphère qui y régnait et mon moral s’est blindé et plus de soucis. J’ai eu des amies, ainsi un nouveau soleil est apparu dans ma vie. J’étais simplement moi-même et pas enfermée dans une chambre à me morfondre.
Dans ma fille, je suis l’aînée de 3 filles. Mon père m’a aussi beaucoup soutenu. Il m’accompagnait parfois à l’hôpital.
Ma petite soeur était informée sur le VIH/SIDA, car elle s’était occupée d’une de mes cousines qui en est décédé.
Elle avait utilisé son argent pour me soigner, elle est toujours avec moi.
L’AFPC m’a bien accueillie et depuis je participe aux activités. Mon engagement dans cette association m’a aidé à mener une vie positive. Je pensai que la vie devait s’arrêter et donc cela ma beaucoup aidé.
Le soutien de ma famille et celui que j’ai trouvé à l’AFPC à vraiment changé ma vie. Je réalise que nous ne sommes pas seules. Je suis une femme et je mène une vie normale comme tout le monde. C’est mon histoire.
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